
Si vous passez du temps à scruter les intérieurs contemporains, un constat s'impose : nos salons se sont standardisés. Entre le mobilier en série et le minimalisme monochrome, nos maisons manquent parfois cruellement d’âme. Heureusement, il existe un remède imparable pour insuffler de la personnalité et de l’audace à une déco : l’esthétique mid-century, en particulier la céramique.
Chez Studio Cinquante, nous sommes viscéralement amoureux de cette décennie bénie où les arts du feu ont rompu avec la tradition pour devenir un terrain d’expérimentation artistique réjouissant. Que l’on parle des des ateliers de Vallauris, des artistes parisiens, en passant par le grès brut du Centre de la France et, étape régionale, nos potiers de l’Est, c’est un voyage au cœur d'un âge d'or créatif qui commence !
L'effervescence des années 50 : Un territoire, une incroyable diversité
Quand on évoque la céramique vintage 1950, le réflexe immédiat est de se tourner vers le Sud. Il est vrai que Vallauris a agi comme un aimant sous l'impulsion de Pablo Picasso à l'atelier Madoura, dès 1947. Madoura tire son nom de sa créatrice Suzane Ramié et est la contraction de MAison DOUly RAmié. Le village a connu une fantastique effervescence, attirant des artistes et des poètes comme Cocteau, Chagall, Matisse, Eluard et des Capron, Derval ou Picault ont profondément renouvelé cet art.
Pourtant, il serait dommage et trop réducteur de cantonner cette époque à ce nom mythique, et les années 50 brillent précisément par leur pluralité :
Dans la capitale, des créateurs conçoivent des céramiques pensées comme de véritables sculptures destinées aux intérieurs de collectionneurs.
Dans le Cher, à la Borne, les céramistes explorent la matière à travers le grès, la cendre et la rugosité de la cuisson au feu de bois. Une approche plus brute, viscérale, à l'opposé des faïences vernissées du Sud.
Faisons étape dans l’Est : à Soufflenheim, loin de la poterie culinaire traditionnelle, la maison Elchinger prouve qu'un ancrage historique peut accoucher d'un design d'avant-garde.
L'audace du design 1950 : L'invention de la "forme libre" et le renouveau des décors
Un point commun à ces hauts lieux des arts du feu : l'avènement des formes libres et des lignes organiques.
Les artistes se lâchent : les silhouettes deviennent anthropomorphes, asymétriques, mouvantes. Pol Chambost fait onduler la terre à la manière de corolles ou de feuillages sensuels. Roger Capron s'amuse avec des volumes audacieux. Et chez Elchinger, sous la houlette de Fernand Elchinger, on crée des vases "diabolo", des coupes stylisées et des vide-poches asymétriques d'une modernité folle, jouant sur des contrastes saisissants entre les émaux .
Le répertoire décoratif subit lui aussi une révolution thématique :
- L'inspiration antique : les figures mythologiques et les décors géométriques grecs ou étrusques réapparaissent, notamment chez Capron ou l'atelier Lespinasse.
- La nature et le corps : les motifs végétaux stylisés, les animaux totems et la célébration des courbes de la femme sont partout.
- Le jeu des contrastes : l'utilisation du noir mat profond vient souligner des touches de couleurs graphiques et inédites.
Le marché de la collection : Des sommets aux enchères...
Aujourd'hui, la céramique des années 50 suscite un engouement sans précédent. Les collectionneurs internationaux et les décorateurs s'arrachent les pièces maîtresses, faisant grimper les prix dans les salles des ventes.
Certaines signatures majeures atteignent désormais des sommes conséquentes. Récemment, une pièce de l'atelier Deblander s'est envolée à plus de 11 000 € (hors frais) en ventes aux enchères. Les célébrissimes et poétiques lampes oiseau de Roger Capron que nous affectionnons tout particulièrement chez Studio Cinquante enflamment les enchères à plus de 15 voire 20 000 €, de même pour les oeuvres des Ruelland.
Doit-on pour autant renoncer à démarrer sa collection ? Absolument pas ! Les créateurs de cette époque avaient à cœur de conjuguer créativité, haute qualité et accessibilité. L'art devait entrer dans tous les foyers. Des artistes comme Roger Capron, ou Pol Chambost ont su conjuguer créativité foisonnante et productivité. Pour ce dernier un vase quadrangulaire jaune a trouvé preneur à près de 4000 €. Mais de très jolis vases emblématiques de sa production peuvent s’acquérir pour quelques centaines d’euros, et les vide-poches en forme de feuilles ou de coquilles pour moins de 200 €.

…aux coups de coeur abordables
Les pièces "coquillages" de Pol Chambost
S'il y a bien une œuvre qui nous fascine et que nous aimons mettre en avant, c'est celle de Pol Chambost (1906-1983), et plus particulièrement ses célèbres pièces en forme de coquillages. Pourquoi cet amour inconditionnel ? Pour deux raisons bien précises :
L'esprit "Cabinet de curiosités"
En faisant entrer ces formes stylisées dans nos intérieurs, Chambost floute la frontière entre l'objet d'art et le trésor naturel. C'est l'accessoire idéal pour composer une atmosphère de cabinet de curiosités moderne, mystérieux et follement élégant.
Une qualité d'émail hypnotique
Chambost possède une maîtrise virtuose de la chimie des émaux. La texture de ses pièces est une caresse visuelle. Il a développé des contrastes saisissants, associant souvent un extérieur sombre ou pastel mat à un intérieur d'un brillant miroir, d'une profondeur et d'une fluidité extraordinaires. Face à un coquillage de Chambost, on reste fasciné par la façon dont la lumière joue avec les courbes et l’émail.

L’esprit fifties de la dynastie Elchinger
Installée à Soufflenheim, cette dynastie de potiers a su capter l'esprit du temps avec un talent immense sans jamais pratiquer des prix élitistes. Un vase mouchoir Elchinger, ou celui à anse, propose le même niveau d'exigence formelle, le même jeu d'émaux audacieux qu'un grand nom de Vallauris, mais pour un budget bien plus raisonnable (souvent entre une petite centaine et 200 € selon les modèles).
Prêt à sauter le pas ?
Sur une enfilade, une étagère, une table basse voici des objets qui apportent le petit supplément d’audace d’une époque qui célébrait la liberté formelle. Ils ont le pouvoir de transformer une pièce un peu trop lisse en un intérieur unique qui vous ressemble.
Pour donner une vraie voix à votre intérieur et rompre avec les standards, venez découvrir nos dernières trouvailles à la galerie ou laissez-vous attraper par la poésie intemporelle d'un émail vintage !
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